Les bases de l’approche systémique stratégique ont été posées par l’école de Palo Alto, dans les années 50, autour de Gregory Bateson, Paul Watzlawick. Elles ont ensuite été approfondies au Mental Reseach Institute avec Don Jackson et Milton Eriksson. Si l’orientation de départ était thérapeutique, de nombreuses applications se sont développées dans le monde du travail et des organisations. Cette pratique reste peu connue en France, même si les recherches actuelles convergent pour attester de son efficacité, notamment dans le champ du management.

L’objectif de l’approche systémique stratégique est d’accompagner une personne/un groupe dans la résolution d’un problème qui provoque de l’inconfort, du malaise, de la souffrance. Elle vise, en somme, à faciliter un changement pour sortir d’une situation qui n’est plus satisfaisante.

Mon intervention se déroule en plusieurs phases. 1ère phase : identifier ensemble le problème tel qu’il est vécu par les protagonistes. Le systémicien n’est pas un consultant, il n’est pas là pour dire si vous avez raison ou tort. Il ne juge pas, sa visée est non-normative et pragmatique. Elle est aussi stratégique car toujours tournée vers une action de changement qui suscite l’adhésion tout en restant facile à tester dans des délais brefs. 2è phase : identifier ensemble les tentatives de solution essayées jusqu’à présent. C’est le nerf de la guerre. En effet, Paul Watzlawick montre que nous ne faisons qu’entretenir le problème lorsque nous « faisons plus de la même chose ». Nous répétons les mêmes comportements et, plutôt que de résoudre un problème, nous l’aggravons. Par exemple, vous craignez tellement que votre collègue ne tienne pas l’échéance du travail qu’il a à faire que vous lui répétez tous les jours : « tu avances ? », « tu vas arriver à tenir les délais ? ». Votre tentative de solution est de communiquer sans cesse, de rappeler votre attente avec insistance. Et si c’était la répétition de cette injonction qui entretenait la procrastination de votre collègue ? Autre exemple qui parlera à tous les parents : plus vous répétez à votre enfant un interdit, plus vous courrez le risque qu’il persiste à désobéir. Ainsi, en vous accrochant à votre « solution », vous ne faites qu’entretenir le problème et rigidifier la relation. Vous créez ainsi, sans le vouloir, une situation tendue, conflictuelle ou inconfortable. 3è phase : inventer et implanter de nouvelles solutions, que les systématiciens qualifient de « paradoxales » : ce sont de nouvelles manières de communiquer, de se comporter qui introduisent un changement dans le jeu relationnel,réintroduisent de la souplesse et redistribue les cartes. Pour ce faire, le systématicien prescrit des « tâches », soit des petites expérimentations que l’on teste au quotidien : il peut s’agir de nouvelles modalités de communication, de manières différentes d’interagir, de comportements inattendus, etc. L’école systémique de Palo Alto -et ses héritiers- ont développé tout un arsenal de « tâches » qui peuvent répondre à une multitude de situations individuelles ou collectives. Une fois que la « tâche » est jugée efficace, on considère que le changement a eu lieu, qu’un nouveau mode relationnel non problématique a été installé.

Cette démarche non-normative, responsabilisante et pragmatique se déploie sur un temps relativement court et convient autant à un coaching individuel, en binôme, trinôme ou en collectif. Elle permet de résoudre des situations de conflits, de prendre en charge la souffrance au travail, d’améliorer le fonctionnement d’un collectif, d’améliorer l’efficacité, la motivation, l’engagement.

En bref :

  • L’intervention systémique stratégique peut être directe (auprès de la personne qui exprime un besoin) ou indirecte (auprès de la personne qui constate et alerte sur le problème d’un tiers dès lors qu’elle se sent mise en difficulté)
  • Fondées sur l’analyse d’une situation présente et concrète
  • Dirigées vers l’arrêt des tentatives de solution qui entretiennent le problème
  • Tournées vers la recherche de solutions rigoureuses, efficaces et durables
  • Il s’agit d’interventions brèves (de 3 à 10 séances d’1h) suffisamment espacées dans le temps pour installer un changement durable
  • Entretiens individuels en distanciel (via Zoom ou Skype)
  • Accompagnements collectifs de préférence en présentiel mais possibles en distanciel