iLe travail collaboratif : mode, utopie ou déjà réalité ?

Le spectacle des jeux olympiques a créé une ferveur populaire et un engouement collectif exceptionnel… La joie des équipes victorieuse est communicative, l’entraide entre les joueurs nous touche, les encouragements des supporters nous portent, bien au-delà de nos impressions personnelles et de notre intérêt pour le sport. Tout cela montre combien les collectifs sont des moteurs puissants de nos actions, de nos réussites. Dans le monde du management, le travail en équipe est à la mode. Valorisé, oui, peut-être surestimé même, tant on observe de décalage entre les discours et les actes. Oui, le travail en équipe est signe de dynamisme, d’innovation, de bien-être au travail et, les chercheurs nous le disent, il est générateur de performance. Mais suffit-il d’en être convaincu, de le proclamer et de faire une journée de teambuilding pour que ce soit une réalité ? Non, bien sûr.

Quel peut être le rôle du manager ? Que signifie pour lui manager la compétence collective ? Il ne suffit pas qu’il ait sous sa responsabilité une équipe, ni même qu’il l’incite à partager les mêmes objectifs ou le même projet. Il ne suffit pas non plus qu’il ait du leadership ou du charisme. Il y a beaucoup de freins liés au contexte. Un des principaux tient, à mon sens, dans le fait que le management est vu comme une action individuelle qui relie deux individus dans une relation hiérarchique. Tout est fait pour que ça fonctionne ainsi : l’entretien professionnel, l’évolution de carrière, la définition des objectifs,… tout cela concerne un salarié et son manager. Ceci est d’autant plus vrai dans la fonction publique qui découpe, isole et compartimente les parcours professionnels et l’avancement. Tant que le management reste pensé comme une affaire entre un responsable et des individus considérés séparément, il ne sera pas collectif.

A quelles conditions le manager peut-il être un levier pour plus d’efficacité collective ? Quelques éléments de réflexion dans la conférence que j’ai donnée à l’ENSSIB en mai dernier : Le manager, levier pour plus d’efficacité collective